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Dans ce creuset aux atouts formidables de multiculturalité, mais qui, aussi, cumule de nombreuses problématiques socioéconomiques et socioculturelles, le GAFFI constitue, avec la population, un lieu de rencontres et d'échanges donnant lieu à des réalisations et des projets qui explicitent, interpellent, forment et valorisent des femmes et des enfants du quartier. C'est dans une petite maison de la rue De Potter que le Gaffi a été fondé, en 1978, comme asbl et comme section locale de Culture et Développement, initiant les formes d'action en milieu immigré; faisant figure de pionnier, au même titre que des associations qui naissaient à cette époque : le NADI, Dar El Amal, la Maison Swinnen, le Collectif Alpha , le CASI-UO ,...associations fondant toutes leur action des théories de l'éducation en milieu populaire. Car en effet, le GAFFI naît aussi d'une double mouvance des années 60-70 : Celle d'un courant pédagogique d'abord, créé par Paolo Freire , à l'origine du mouvement d'animation sociopolitique dans lequel s'insérait le GAFFI et qui donnait au mouvement les repères théoriques nécessaires à une démarche de conscientisation comme préalable à toute action transformatrice. Aujourd'hui encore, le Gaffi s'en inspire aux fins d'éclairer ses projets d'éducation citoyenne. « Personne n'est l'éducateur de quiconque, personne ne s'éduque lui-même, seuls les hommes s'éduquent ensemble, par l'intermédiaire du monde » Celle d'un courant féministe ensuite, en plein essor début des années 70. A l'heure où les femmes sortent enfin de l'isolement dans lequel les enferment des traditions séculaires, à l'heure où travailleuses et ménagères se mobilisent pour prendre collectivement en charge leurs problèmes, les animatrices du Gaffi participent et adhèrent à une série de revendications ayant pour thème l'égalité entre les sexes. Si cette mobilisation ne se conçoit plus de la même manière aujourd'hui, le Gaffi reste un acteur important d'un réseau d'organisations actives pour la promotion de l'égalité hommes femmes et des questions de genre. Du petit deux pièces de la rue De Potter, le Gaffi demeure à l'étroit et très peu visible. Il déménage alors à la rue Verte, et ses nouvelles installations lui permettent de se développer, de se structurer, et de forger ses racines. Durant ces sept années, une confiance va peu à peu s'établir avec les communautés turque et marocaine qui habitent le quartier. Les femmes commencent à s'intéresser aux activités proposées par le Gaffi. Car en effet, le groupe va s'intéresser en priorité à elles : celles, immigrées de la première génération, puis de la deuxième, des suivantes, et celles qui suivront, issues de tous les flux migratoires qui conduisent si souvent les immigrants dans les pourtours des grands axes ferroviaires bruxellois. A partir de 1984, le GAFFI occupe, en plus de ses locaux rue Verte un rez-de-chaussée à la rue de Brabant, une artère commerçante parallèle à la rue Verte. Dans ce même quartier, en 1986, le GAFFI a eu la chance de trouver une maison au 7, rue de la Fraternité, suffisamment grande pour y rassembler et y développer toutes les activités. Ce lieu, devenu tellement symbolique, est donc en cours de rénovation. Le GAFFI se trouve en transit même s'il n'a jamais quitté le quartier. Aujourd'hui, trois secteurs d'activité sont organisés : Le secteur de l'Education Permanente propose aux femmes différents ateliers d'alphabétisation en vue de leur autonomisation; à côté de ceux-ci prennent place une série d'activités telles qu'un atelier de couture (retouches et ameublement), divers ateliers d'expression artistiques, des groupes à projets portés par les femmes elles-mêmes et des groupes de parole répondant aux préoccupations des femmes. Pour les femmes du Gaffi, l'intégration ne signifie pas renier leurs origines mais construire ensemble les fondements d'une autre citoyenneté, internationale, et d'une société métissée, distincte d'une société forteresse, culturelle et éthique. Le secteur de l'Insertion Socioprofessionnelle a été développé par le Gaffi dès le début des années nonante, coïncidant avec la création de la Région de Bruxelles-Capitale. Sur base des demandes de son public, le Gaffi a mené une réflexion avec le Nadi et la Maison de Quartier d'Helmet qui a abouti à la conception et à l'élaboration de plusieurs formations menant à une insertion socioprofessionnelle. Inaugurant véritablement ce qu'on appelait à l'époque "Parcours d'Insertion", ce partenariat original créait à la fois une filière d'insertion pour des femmes peu qualifiées, et en même temps un opérateur d'insertion qui allait dispenser des formations qualifiantes, la Cobeff. Le secteur de l'Accueil Extra-Scolaire, est né pratiquement en même temps que les activités pour les femmes et suite à leur souhait. Celles-ci exprimaient clairement leur incapacité à aider leurs enfants dans l'exécution de leurs devoirs. Elles ont alors sollicité le Gaffi pour la création d'un lieu et d'un encadrement pour leurs enfants. Le public-cible de notre école de devoirs est donc triple : elle s'adresse aux enfants, aux parents, mais aussi aux écoles. Aujourd'hui, le secteur de l'accueil extra-scolaire combine une école de devoirs, une série d'ateliers créatifs et d'expression avec des enfants de 6 à 12 ans, des séances d'information et d'animation, des groupes de parole et des sorties rassemblent également enfants et parents; enfin, le Gaffi participe à différents réseaux de coordination pédagogique et/ou institutionnelle organisant son fonctionnement tout en renforçant son implantation dans le quartier.
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